Plus-value immobilière : ce que vous paierez vraiment en vendant une résidence secondaire ou un bien locatif
Vendre une résidence secondaire, un bien loué ou un logement resté vacant, c’est souvent se poser la même question : combien restera-t-il une fois l’impôt réglé ? Voici comment se calcule réellement la plus-value, pourquoi le taux de 36,2 % que l’on voit partout est rarement celui que l’on paie, et un simulateur pour faire le calcul sur votre propre bien.
- Payer une plus-value, c’est d’abord avoir gagné de l’argent
- Quels biens sont concernés ?
- Le calcul : bien plus qu’une différence entre deux prix
- Les abattements : le temps joue pour vous
- Combien paierez-vous ? Un exemple concret
- Simulez votre propre plus-value
- Location meublée et première vente : deux cas à connaître
- Qui calcule et qui paie ?
- Et votre résidence principale ?
- Vos questions sur la plus-value immobilière
Payer une plus-value, c’est d’abord avoir gagné de l’argent
Commençons par remettre les choses dans le bon ordre. Un impôt sur la plus-value n’est dû que si votre bien se vend plus cher qu’il ne vous a coûté. S’il y a quelque chose à payer, c’est donc que votre patrimoine a pris de la valeur. C’est une bonne nouvelle, quel que soit le montant.
Sur les communes où j’interviens, d’Auray à Plouharnel en passant par Pluneret, Crac’h, Carnac ou Le Bono, la demande reste soutenue, portée par la qualité de vie, la proximité du Golfe du Morbihan et de l’océan. Un bien bien situé et correctement entretenu, acheté ici il y a dix ou quinze ans, représente le plus souvent aujourd’hui un capital nettement supérieur à la somme investie. Pour les chiffres commune par commune, j’ai détaillé les évolutions dans mon article sur le marché immobilier du Morbihan.
La fiscalité vient ensuite. Et comme vous allez le voir, elle est souvent bien plus légère que ce que l’on imagine au départ.
Quels biens sont concernés ?
L’impôt sur la plus-value s’applique lorsque vous vendez un bien qui n’est pas votre résidence principale au moment de la vente. C’est le cas notamment des biens suivants.
D’autres ventes n’entraînent aucun impôt : celle de la résidence principale, sur laquelle je reviens en fin d’article, ou encore une vente dont le prix ne dépasse pas 15 000 €. La liste complète des exonérations figure sur impots.gouv.fr.
Le calcul : bien plus qu’une différence entre deux prix
La plus-value imposable n’est pas simplement le prix de vente moins le prix d’achat. Les deux montants sont corrigés, et ces corrections jouent presque toujours en faveur du vendeur.
Côté vente : le prix de cession
On part du prix de vente, dont on retire les frais supportés par le vendeur pour réaliser la vente : les honoraires de l’agence qu’il a choisie, les diagnostics obligatoires ou les frais de mainlevée d’hypothèque, sur justificatifs.
Côté achat : le prix d’acquisition corrigé
Au prix payé à l’époque s’ajoutent deux éléments, qui viennent réduire la plus-value.
- 1Les frais d’acquisition Frais de notaire, droits d’enregistrement, honoraires d’agence réglés lors de l’achat : ils sont retenus pour leur montant réel, sur justificatifs, ou forfaitairement à hauteur de 7,5 % du prix d’achat. Le forfait ne demande aucun document.
- 2Les travaux Les travaux de construction, d’agrandissement ou d’amélioration réalisés par une entreprise sont retenus sur factures. Au-delà de cinq ans de détention, un forfait de 15 % du prix d’achat peut être appliqué à la place, sans avoir à prouver la réalité ni le montant des travaux. On retient la solution la plus favorable.
Les abattements : le temps joue pour vous
Une fois la plus-value brute calculée, elle est imposée à deux niveaux : 19 % au titre de l’impôt sur le revenu et 17,2 % au titre des prélèvements sociaux, soit 36,2 % au total. Mais ces taux s’appliquent après un abattement qui augmente avec chaque année de détention, à partir de la sixième.
| Durée de détention | Abattement impôt sur le revenu | Abattement prélèvements sociaux |
|---|---|---|
| Jusqu’à 5 ans | 0 % | 0 % |
| 6 ans | 6 % | 1,65 % |
| 10 ans | 30 % | 8,25 % |
| 15 ans | 60 % | 16,50 % |
| 20 ans | 90 % | 24,75 % |
| 22 ans | 100 % | 28 % |
| 25 ans | 100 % | 55 % |
| 30 ans | 100 % | 100 % |
Deux repères à retenir : après 22 ans de détention, l’impôt sur le revenu n’est plus dû ; après 30 ans, plus aucun prélèvement. Le détail du barème est présenté sur le site du ministère de l’Économie.
La durée se compte en années pleines, de date à date. Un bien acheté le 20 septembre 2016 atteint ses dix ans de détention pour une vente signée après le 20 septembre 2026 : quelques jours d’écart peuvent donc faire gagner une année d’abattement.
Combien paierez-vous ? Un exemple concret
Prenons une résidence secondaire achetée 180 000 € en juin 2014 et vendue 300 000 € en septembre 2026, soit 12 années pleines de détention. Le propriétaire n’a pas conservé ses factures de travaux, et les honoraires de la vente sont à la charge du vendeur : 8 700 €, soit 3 % du prix net vendeur.
Entre le prix d’achat et le prix net vendeur, le gain atteint 111 300 €. L’impôt en représente environ 17 %, soit moitié moins que le taux de 36,2 %, et il reste un peu plus de 92 700 € de gain net. Sans les deux forfaits, le calcul porterait sur la totalité des 111 300 €, et l’impôt atteindrait 30 489 €, taxe sur les plus-values élevées comprise.
Simulez votre propre plus-value
Le simulateur ci-dessous reprend ce calcul avec vos chiffres. Il se cale automatiquement sur la date du jour, et vous montre aussi ce que changerait une vente signée quelques mois ou quelques années plus tard.
🔒 Gratuit · Sans inscription · Vos réponses restent dans votre navigateur
Le bien
S’il s’agit de votre ancienne résidence principale, mise en vente dès votre départ et ni louée ni prêtée depuis, la vente peut rester exonérée si elle intervient dans un délai normal, en principe un an.
Couple marié, pacsé ou indivision : la taxe sur les plus-values élevées s’apprécie pour chaque propriétaire.
L’achat
Notaire, droits, agence si à votre charge. Laissez vide : le forfait de 7,5 % du prix d’achat est retenu au minimum.
Droits et frais de notaire réellement payés. Le forfait de 7,5 % ne s’applique pas à une donation ou une succession.
Construction, agrandissement ou amélioration réalisés par une entreprise. Au-delà de 5 ans de détention, le forfait de 15 % du prix d’achat est retenu au minimum, même sans facture.
Pour un bien loué vide, ne comptez pas les travaux déjà déduits de vos revenus fonciers.
Depuis le 15/02/2025, ils sont réintégrés dans le calcul. Laissez vide au micro-BIC, ou pour une résidence étudiante, seniors ou un EHPAD.
La vente
Prix affiché, honoraires d’agence inclus.
Diagnostics, mainlevée d’hypothèque : sur justificatifs.
Renseignez l’achat et la vente, puis cliquez sur « Calculer ma plus-value » : votre estimation s’affichera ici.
Et si vous vendiez plus tard ?
Chaque année de détention supplémentaire augmente l’abattement. Voici l’impôt estimé selon la date de signature, à prix de vente identique. Sélectionnez une date pour afficher son calcul.
Ce simulateur donne une estimation indicative de l’impôt sur la plus-value, selon les règles fiscales en vigueur en septembre 2026. Il ne tient pas compte de certaines situations : bien détenu en SCI, vendeur non-résident, bien démembré, exonérations liées à la situation personnelle du vendeur. Le montant définitif est calculé par le notaire lors de la vente.
Tout part du prix de vente. Vous ne connaissez pas encore la valeur actuelle de votre bien ? Obtenez une première fourchette de prix en quelques minutes, sans inscription.
Estimer mon bienLocation meublée et première vente : deux cas à connaître
Location meublée : les amortissements réintégrés
Pour les ventes réalisées depuis le 15 février 2025, les loueurs en meublé non professionnels au régime réel voient les amortissements déduits pendant la location retirés du prix d’achat lors du calcul. Une réponse ministérielle publiée en mars 2026 a confirmé que la règle vaut pour tous les amortissements pratiqués depuis l’acquisition, quelle que soit la date de mise en location.
Les abattements pour durée de détention continuent de s’appliquer normalement. Les loueurs au micro-BIC ne sont pas concernés, pas plus que les résidences étudiantes, les résidences seniors et les EHPAD. Le simulateur intègre ce cas : il suffit d’indiquer le montant des amortissements.
Première vente d’un logement : une exonération méconnue
Vous vendez pour la première fois un logement qui n’est pas votre résidence principale, et vous n’avez pas été propriétaire de votre résidence principale au cours des quatre années précédant la vente ? La plus-value peut être exonérée si vous réinvestissez le prix de vente dans l’achat ou la construction de votre résidence principale dans un délai de 24 mois. L’exonération porte sur la part du prix réinvestie.
C’est une situation fréquente : un propriétaire locataire de sa résidence principale, qui vend un appartement ou une petite maison pour acheter enfin le logement dans lequel il vit.
Qui calcule et qui paie ?
C’est le notaire. Il établit la déclaration de plus-value, calcule l’impôt et le prélève directement sur le prix de vente le jour de la signature. Vous n’avez rien à avancer ni à calculer vous-même.
Votre rôle consiste à lui fournir les bons justificatifs, car ce sont eux qui déterminent le montant final. Dès la préparation du compromis, que je rédige moi-même, je vous accompagne pour rassembler ces documents.
Et votre résidence principale ?
Sa vente est totalement exonérée d’impôt sur la plus-value, quel que soit le montant du gain et quelle que soit la durée de détention. Les dépendances vendues en même temps, comme un garage ou une place de stationnement, bénéficient de la même exonération.
Vous avez déjà déménagé ?
Mutation professionnelle, achat d’un nouveau logement avant d’avoir vendu l’ancien : il arrive souvent que l’on quitte les lieux avant la signature. L’administration fiscale admet que l’exonération reste acquise si le logement a été occupé jusqu’à sa mise en vente, s’il n’a été ni loué ni prêté entre-temps, et si la vente intervient dans un délai normal, en principe un an.
Et si vous hésitez à mettre ce logement en location plutôt qu’à le vendre, j’ai comparé les deux options dans mon article Vendre ou louer son bien ?
Vos questions sur la plus-value immobilière
Faut-il attendre 22 ans pour vendre ?
Pas nécessairement. Chaque année supplémentaire réduit l’impôt, mais l’économie réalisée est à mettre en regard de votre projet, de l’évolution du marché et de ce que coûte la détention du bien chaque année : taxe foncière, entretien, assurance. La frise du simulateur vous montre précisément ce que représente chaque palier.
Les intérêts de mon prêt réduisent-ils la plus-value ?
Non. Les intérêts de l’emprunt contracté pour acheter le bien ne font pas partie du prix d’acquisition retenu pour le calcul.
J’ai vendu un autre bien à perte : puis-je compenser ?
En principe non. Une moins-value réalisée sur la vente d’un bien immobilier ne peut pas être déduite de la plus-value dégagée sur un autre bien, ni de vos autres revenus.
Dois-je déclarer la plus-value sur ma déclaration de revenus ?
Oui, même si l’impôt a déjà été payé chez le notaire. Le montant imposable est reporté l’année suivante en case 3VZ de la déclaration complémentaire 2042-C. Il n’est pas taxé une seconde fois, mais il est intégré à votre revenu fiscal de référence.
Et si le bien appartient à une SCI ?
Pour une SCI soumise à l’impôt sur le revenu, les règles décrites dans cet article s’appliquent : la plus-value est calculée au niveau de la société, puis imposée entre les mains des associés selon leurs parts. Une SCI soumise à l’impôt sur les sociétés relève d’un tout autre régime, à examiner avec son expert-comptable.
Un projet de vente à Auray, Pluneret ou dans les communes voisines ?
Une plus-value se calcule toujours à partir d’un prix de vente. Pour partir d’une base réaliste, je vous propose une estimation de votre bien, en ligne ou sur place. Mes honoraires : 3 % du prix net vendeur, de 6 000 € minimum à 15 000 € maximum, pour un accompagnement complet jusqu’à la signature chez le notaire.
