Stratégie immobilière · Vendre & Acheter · Pays d’Auray

Vendre avant d’acheter, ou acheter avant de vendre ?

Vous avez 3 heures. Comme dans les sujets de philosophie, la question est simple. Les réponses, elles, sont nombreuses — et chacune soulève de nouvelles questions. Il n’existe pas de bonne réponse universelle. Il existe la bonne réponse pour votre situation, à un moment précis, sur un marché précis.

Betty Papail Agent immobilier · LA VIE ICI Immobilier · Guide complet · Lecture ~12 min

Pourquoi cette décision change tout

Cette question en apparence simple recouvre des enjeux très différents selon votre situation. Ce n’est pas une préférence personnelle. C’est une décision stratégique qui conditionne :

  • 1
    Votre budget d’achat réelSi vous n’avez pas encore vendu, vous ne connaissez pas précisément ce que vous aurez disponible. La différence entre une estimation et un prix réel peut représenter 20 000 à 50 000 € selon les biens.
  • 2
    Votre crédibilité face aux vendeursSur un marché tendu comme le Pays d’Auray, un acheteur sans condition de vente est systématiquement mieux perçu. Certains vendeurs ne donnent tout simplement pas suite à une offre conditionnée à la vente d’un autre bien.
  • 3
    La qualité de votre achatUn acheteur sous pression de délais prend de moins bonnes décisions. Il accepte des compromis, surpaye, ou achète un bien qui ne lui convient pas vraiment.
  • 4
    Le coût global de l’opérationEntre prêt relais, double déménagement, location temporaire et potentielle décote sur le prix de vente, les arbitrages financiers sont réels et chiffrables à l’avance.
La particularité du marché du Pays d’Auray
De Ploeren à Belz en passant par Auray, Crac’h ou Le Bono, le profil des acheteurs est varié — et c’est ce qui fait la richesse de notre territoire. On observe deux grandes dynamiques qui cohabitent : les projets de proximité (moyenne d’âge ~43 ans), souvent portés par des actifs locaux qui évoluent au sein de la région ; et les nouveaux horizons (moyenne d’âge ~57 ans), des ménages venant d’autres régions, souvent proches de la retraite, qui choisissent la Bretagne pour leur nouvelle étape de vie. Ces deux profils se croisent sur les mêmes biens. Et face à plusieurs offres, un achat sans condition suspensive de vente aura toujours l’avantage sur un achat qui en comporte une.

Option 1 — Vendre d’abord : sécurité et poids dans la négociation

Deux profils d’acheteurs, deux comportements très différents

Sur le Pays d’Auray, ces deux dynamiques se traduisent concrètement dans les négociations.

Projets de proximitéNouveaux horizons
Âge moyen~43 ans~57 ans
FinancementCrédit bancaire majoritaireApport élevé, parfois achat comptant
SituationSouvent encore propriétaires actifsRevente d’un bien dans leur région d’origine
Conditions de l’offreClause suspensive de prêt relais possibleSouvent sans condition suspensive
Délai de décisionPlus long (financement à construire)Plus rapide (budget souvent déjà calé)

Quand un vendeur reçoit deux offres au même prix — l’une avec clause suspensive de prêt relais, l’autre sans aucune condition — il choisit quasi systématiquement la seconde. Ce n’est pas une question de mauvaise volonté : c’est une question de risque et de sécurité pour sa propre transaction.

« Un acheteur qui a déjà vendu connaît son budget exact, sa capacité d’emprunt, sa marge de négociation. Il prend de meilleures décisions — et il le ressent. »

Les vrais avantages de vendre d’abord

✓ Ce que vous gagnez

  • Budget connu à l’euro près
  • Capacité d’emprunt confirmée
  • Offre ferme, sans condition de vente
  • Pouvoir de négociation maximal
  • Zéro coût de prêt relais
  • Sérénité psychologique totale

✗ Ce que vous risquez

  • Pression du temps pour trouver
  • Phase d’entre-deux à organiser
  • Un bien coup de cœur peut ne pas attendre
  • Double déménagement potentiel
  • Location temporaire à budgéter

Gérer l’entre-deux : les vraies solutions

C’est souvent ce qui bloque les vendeurs. L’idée de se retrouver entre deux biens est une crainte réelle. Mais il existe des solutions concrètes — à condition de les anticiper.

La vente longue : négocier du temps

La signature définitive intervient généralement 3 mois après le compromis. Mais rien n’interdit de négocier une vente longue : 4, 5, voire 6 mois. Cela vous laisse un délai supplémentaire pour trouver votre futur bien.

Le prix à payer d’une vente longue
Un acheteur qui accepte d’attendre 5 ou 6 mois peut légitimement demander une compensation : une légère baisse de prix, ou un geste sur certains éléments. En clair : vous achetez du temps avec votre prix de vente. C’est un arbitrage à chiffrer précisément avant de négocier.

La location temporaire : toutes les options

Le Morbihan possède un parc locatif saisonnier considérable — ce qui peut jouer en votre faveur… ou contre vous selon le moment.

  • Entre octobre et avril : l’avantage saisonnierDe nombreux propriétaires de locations saisonnières acceptent des baux de 2 à 5 mois hors saison, souvent meublés, à des tarifs très raisonnables. C’est souvent plus simple et plus rapide qu’un bail classique.
  • Entre mai et septembre : attention au coûtSi votre acte notarié intervient au printemps ou en été, se loger à un prix abordable dans le Morbihan peut devenir un vrai casse-tête. Les logements saisonniers sont occupés, les tarifs montent. Anticipez ce calendrier.
  • 💡
    Mon conseil : la location meublée bail 1 anC’est souvent la meilleure solution quelle que soit la saison. Vos meubles sont en box, vous êtes dans un logement confortable, et vous bénéficiez d’un préavis de seulement 1 mois pour partir dès que vous avez trouvé votre futur bien. Flexibilité maximale.

Le stockage des meubles : ne pas sous-estimer le double déménagement

Si vous passez par une solution temporaire sans vos meubles, voici ce qu’il faut budgéter :

  • 💰
    Box de stockage sécuriséEntre 150 et 250 € par mois selon la surface. Pour 4 mois : de 600 à 1 000 €.
  • 🚚
    Double déménagement professionnelDeux transports au lieu d’un. Selon la distance et le volume, le surcoût représente 2 000 à 4 000 € si vous faites appel à un professionnel — à intégrer dans votre calcul global.
Le calcul que peu de gens font avant de décider
Un double déménagement + 4 mois de box + une location temporaire peut facilement représenter 6 000 à 10 000 €. C’est précisément ce qu’il faut comparer au coût d’un prêt relais. Dans de nombreux cas, le relais est moins cher — et plus confortable.

Option 2 — Acheter d’abord : le prêt relais démystifié

Le prêt relais fait peur. Son nom sonne comme une contrainte. Beaucoup de gens l’évitent par principe sans jamais vraiment le comprendre. C’est souvent une erreur.

Comment fonctionne réellement un prêt relais

La banque raisonne à partir de la valeur réelle estimée de votre bien — idéalement confirmée par une estimation sérieuse. Voici la mécanique.

Exemple de calcul — Prêt relais
Valeur estimée de votre bien450 000 €
Capital restant à rembourser− 100 000 €
Capital net disponible350 000 €
Quotité avancée par la banque (70 %)× 70 %
Prêt relais accordé245 000 €
Pourquoi 70 % et pas 100 % ?
La banque applique une décote de sécurité de 30 % pour absorber une éventuelle variation de prix lors de la vente, ou un délai plus long que prévu. Selon la qualité du dossier et la facilité à vendre le bien, certaines banques montent à 80 %. Tout est négociable.

Le coût réel mois par mois

Les taux évoluent en permanence : figer un chiffre ici n’aurait aucun sens, il serait dépassé dans trois mois. Le calcul, lui, ne bouge jamais. Les intérêts mensuels d’un prêt relais correspondent au montant avancé, multiplié par le taux annuel, divisé par douze. Prenez donc le taux que votre banque vous annonce, et lisez la colonne correspondante.

Montant du relais3 %3,5 %4 %4,5 %
150 000 €375 €438 €500 €563 €
200 000 €500 €583 €667 €750 €
250 000 €625 €729 €833 €938 €
300 000 €750 €875 €1 000 €1 125 €

Intérêts mensuels arrondis, hors assurance emprunteur et frais de dossier. Le TAEG que vous propose votre banque intègre ces éléments et sera donc un peu supérieur au taux nominal.

Deux repères qui, eux, ne changent pas
Le taux d’un prêt relais est presque toujours un peu plus élevé que celui d’un crédit amortissable classique : la banque prend un risque supplémentaire, puisque le remboursement dépend d’une vente future dont ni le délai ni le prix exact ne sont garantis. Et il existe un plafond légal — le taux d’usure — révisé chaque trimestre : aucun établissement ne peut le dépasser, assurance et frais compris. Les seuils en vigueur sont publiés par la Banque de France.

Le prêt relais est accordé pour une durée maximale de 24 mois (12 mois, renouvelables une fois). Dans la réalité, la grande majorité des biens se vend bien avant : 3 à 5 mois dans la plupart des cas. Sur 4 à 6 mois de relais à 250 000 €, le coût total des intérêts se situe le plus souvent entre 2 500 et 5 500 € selon le taux obtenu — à comparer avec le coût d’un entre-deux logement.

Ce qu’on oublie de compter : les charges qui continuent de courir
Les intérêts du relais ne sont pas la seule dépense. Tant que votre bien n’est pas vendu, il continue de vous coûter : la taxe foncière reste due par le propriétaire au 1er janvier — la répartition au prorata avec l’acquéreur ne se règle que le jour de la vente ; l’assurance habitation court toujours ; les charges de copropriété tombent normalement ; le chauffage doit être maintenu hors gel l’hiver pour éviter les dégradations ; et le jardin doit rester entretenu, sans quoi les visites perdent en impact. Sur quatre à six mois, comptez facilement 1 500 à 3 000 € selon le bien. C’est un montant à ajouter aux intérêts avant de comparer les deux stratégies.

Les deux formules du prêt relais

Franchise totale

  • Vous ne payez rien pendant la durée du relais
  • Les intérêts s’accumulent et sont remboursés à la vente
  • Aucun impact sur votre budget mensuel
  • Idéal si votre budget est serré pendant la période

Paiement des intérêts

  • Vous payez les intérêts chaque mois
  • Le capital est remboursé en une fois à la vente
  • Coût total légèrement inférieur
  • Recommandé si vous avez de la capacité mensuelle

La clause suspensive de prêt relais : votre filet de sécurité

Beaucoup de vendeurs refusent la clause suspensive de vente de votre bien actuel — et c’est compréhensible. Elle conditionne leur vente à un événement sur lequel ils n’ont aucun contrôle.

La clause suspensive d’obtention du prêt relais, en revanche, est une tout autre affaire. Elle conditionne la vente à l’accord de votre banque sur un financement — exactement comme un crédit classique. Les vendeurs l’acceptent beaucoup plus facilement. Et si votre banque vous a déjà donné un accord de principe, vous êtes en position très solide.

La bonne séquence avant toute visite sérieuse
Avant de visiter, demandez à votre banque ou à un courtier une simulation de prêt relais. Cela ne coûte rien, ne vous engage à rien, et vous permet de connaître votre enveloppe maximale. Vous arrivez aux visites dans la même posture qu’un acheteur dont le financement est prêt : vous savez exactement ce que vous pouvez mettre — et vous pouvez le prouver.

La maison habitée se vend mieux

C’est l’un des arguments les plus solides en faveur du prêt relais — et il est rarement mis en avant clairement.

Une maison vide, c’est une maison difficile à lire. Sans meubles, les volumes deviennent abstraits. Les acheteurs peinent à se projeter : leur canapé va-t-il rentrer dans ce salon ? Le lit double passera-t-il dans cette chambre ? Est-ce vraiment une chambre, ou plutôt un débarras spacieux ? Et dans une pièce nue, les petits défauts du quotidien — une peinture un peu passée, un carrelage froid sans le tapis qui le réchauffait, une cuisine fonctionnelle mais austère sans la vaisselle colorée — ressortent beaucoup plus qu’ils ne le méritent.

Une maison habitée et bien présentée, c’est exactement l’inverse :

  • Les volumes sont lisiblesUn lit double dans une chambre confirme qu’elle est vraiment grande. Un canapé dans le salon donne l’échelle de la pièce. C’est rassurant pour l’acheteur — et ça déclenche la projection.
  • L’ambiance fait la différenceL’immobilier, c’est autant émotionnel que rationnel. Une belle lumière, quelques plantes, une déco soignée — ça déclenche le coup de cœur. Une coquille vide ne déclenche rien.
  • Les photos donnent envieUn reportage photo dans une maison habitée et rangée est incomparablement plus attractif. C’est la première impression sur les portails — et elle conditionne tout le reste.
Mon observation terrain
J’ai rarement vu une maison vide se vendre plus vite ou plus cher qu’une maison habitée présentée avec soin. Le prêt relais vous permet précisément de vendre votre bien encore meublé, encore vivant — ce qui est souvent déterminant pour le prix et le délai de vente.

Le cas particulier des projets de mutation longue distance

C’est un cas de figure que je rencontre très régulièrement dans le Pays d’Auray. Un couple décide de quitter Paris, Lyon, Bordeaux ou Toulouse pour s’installer en Bretagne. Le projet est mûri depuis des mois, parfois des années. Et au moment de passer à l’acte, la même question surgit : par où commencer ?

Chaque commune est un marché à part entière

C’est quelque chose que l’on ne comprend vraiment qu’en se déplaçant sur place. Dans le Pays d’Auray, les différences de prix, d’ambiance et de marché entre deux communes proches peuvent être considérables. Certains biens qui semblent attractifs sur un portail d’annonces cachent une réalité que seule une visite révèle : une voie ferrée à 50 mètres, une zone industrielle dans le dos, une route plus passante qu’il n’y paraît. À l’inverse, certains biens qui semblent chers à première lecture s’avèrent être des opportunités réelles une fois le secteur connu.

Avant de se lancer dans une offre d’achat, il est essentiel d’avoir visité suffisamment de biens pour calibrer le marché local — pas pour revisiter le même bien dix fois, mais pour comprendre ce que vaut vraiment ce que vous regardez.

Le piège classique du projet à distance
Vous visitez un bien un samedi matin. Coup de cœur immédiat. Mais vous n’avez pas encore mis votre bien en vente. Une autre offre arrive — sans condition suspensive. Le vendeur l’accepte. Vous passez à côté. Et là commence quelque chose d’insidieux : vous repenserez souvent à cette maison. Tous les biens suivants seront comparés à elle, et auront toujours quelque chose qui ne va pas. Pas parce qu’ils sont moins bien — mais parce que vous n’étiez pas prêt. Ce n’est pas un problème de chance. C’est un problème de préparation.

L’option « test de vie » : s’installer avant d’acheter

Elle est souvent écartée trop vite. Pourtant, s’installer en location 6 à 12 mois dans la région avant d’acheter présente des avantages réels :

  • 1
    Vous découvrez le territoire pour de vraiLa différence entre Auray et Crac’h, entre le bord de mer et l’arrière-pays, entre une commune animée toute l’année et un village qui se vide en hiver — vous ne la comprenez vraiment qu’en vivant sur place.
  • 2
    Vous visitez comme un habitantQuand vous êtes dans la région, vous pouvez prendre le temps de découvrir les secteurs, repasser devant un bien à des heures différentes, sentir l’ambiance réelle d’un quartier. Vous achetez avec les yeux ouverts.
  • 3
    Vous pouvez avoir vendu entre-tempsSi vous avez vendu votre ancien bien pendant la période de location, vous arrivez en acheteur libre de toute condition — le profil le plus attractif pour un vendeur.

Les vidéos immersives : voir autrement avant de se déplacer

Peu d’agents le proposent encore systématiquement. Pourtant, une vidéo immersive bien réalisée change radicalement la façon de présélectionner un bien à distance. Elle montre les volumes réels, la luminosité, l’environnement immédiat, les détails que les photos ne capturent pas. Pour un acheteur qui habite à 500 km, c’est souvent ce qui permet de décider si le déplacement vaut vraiment le coup — ou si le bien ne correspond pas du tout à ce qu’il cherche. C’est une des raisons pour lesquelles j’intègre une vidéo immersive dans chaque dossier de vente.

Les pièges que personne ne vous dit

Piège 1 — Surestimer son bien pour gonfler le prêt relais

La tentation est réelle. Si votre prêt relais est basé sur la valeur estimée de votre bien, une estimation haute semble donner plus de marge. C’est faux — et dangereux. Si votre bien est surestimé, il ne se vend pas. Le délai s’allonge. Les intérêts s’accumulent. Et vous finissez souvent par baisser le prix de toute façon — mais plus tard, après avoir payé des mois d’intérêts supplémentaires. L’estimation juste dès le départ est toujours la stratégie gagnante.

Piège 2 — Croire que le délai de vente est une constante

Il n’existe pas de « délai moyen » universel. Le délai de vente de votre bien dépend avant tout de son attractivité intrinsèque sur le marché — et du prix auquel vous le proposez.

Bien attractif → vente rapide

  • Construction récente, bon DPE (A/B/C)
  • Sans vis-à-vis, exposition soignée
  • Proche commerces et commodités
  • Sans travaux à prévoir
  • Prix en ligne avec le marché dès le départ

Bien moins attractif → délai plus long

  • Années 70-80, DPE E / F / G
  • Travaux importants à prévoir
  • Localisation ou environnement contraignant
  • Prix de départ au-dessus du marché

Ne construisez pas votre stratégie sur une hypothèse de délai sans avoir évalué honnêtement dans quelle catégorie se situe votre bien. C’est l’une des premières questions à se poser — et à poser à votre agent.

Piège 3 — Ne pas anticiper l’attestation de financement

Je rédige moi-même les compromis de vente et j’exige une attestation bancaire de capacité de financement dès l’offre d’achat. Ce document, votre banque ou votre courtier peut vous le délivrer rapidement — et il change tout. Avoir cette attestation en poche avant de visiter, c’est se donner les moyens de faire une offre solide immédiatement, sans risquer de rater un bien coup de cœur parce qu’on n’était pas prêt administrativement.

Dans le même esprit, n’attendez pas la signature pour associer votre notaire à la réflexion. C’est lui qui sécurise le montage juridique de l’opération : rédaction des conditions suspensives, articulation des calendriers entre votre vente et votre achat, vérification des délais. Banque, agent et notaire qui se parlent en amont, c’est la meilleure protection contre les mauvaises surprises.

Piège 4 — Ignorer que le prêt relais peut se combiner avec un crédit complémentaire

Le prêt relais ne bloque pas automatiquement votre capacité d’emprunt complémentaire. Si votre taux d’endettement le permet, vous pouvez cumuler un prêt relais et un crédit pour financer la différence entre le produit de votre vente et le prix du bien acheté. C’est même souvent la configuration la plus courante dans les projets de mutation.

Tableau de décision : quelle stratégie selon votre profil ?

Votre situationStratégie recommandéePriorité
Votre situation financière
Budget serré, pas d’épargne de précautionVendre d’abordSécurité
Taux d’endettement élevé (crédits en cours)Vendre d’abordSécurité
Apport important, bien estimé précisémentAcheter d’abord (relais)Liberté
Achat comptant possible après venteVendre d’abordOptimal
Votre bien à vendre
Bien récent, bon DPE, sans travauxAcheter d’abord (relais court)Liberté
Bien avec travaux, DPE E/F/G, marché moins tenduVendre d’abordPrudence
Bien situé dans une grande ville, facile à vendreAcheter d’abord (relais)Liberté
Votre projet d’achat
Marché cible tendu, biens raresAcheter d’abord (relais)Urgence
Mutation longue distance, région inconnueLocation test + vendre d’abordConseillé
Projet flexible, pas de délai imposéVendre d’abordOptimal
Bien exceptionnel trouvé, prix justeAcheter d’abord (relais)Ne pas rater

Cas concret : comment un couple a sécurisé son projet sans débloquer le prêt relais

Retour d’expérience — Projet mutation Île-de-France → Pays d’Auray

Un couple me contacte. Ils souhaitent quitter la région parisienne pour s’installer définitivement dans le Pays d’Auray. Ils ont déjà repéré le secteur, ils savent dans quelle commune ils veulent vivre. Mais ils n’ont pas encore mis leur bien en vente.

Ma première question : avez-vous consulté votre banque pour une simulation de prêt relais ? La réponse est non. Je leur explique que c’est la première étape — pas une formalité, une nécessité stratégique. Sans simulation, on ne peut pas faire d’offre sérieuse dans les mêmes conditions qu’un acheteur dont le financement est prêt.

Quelques semaines plus tard, ils visitent un bien. Coup de cœur immédiat. Ils font une offre. Pour sécuriser leur position, nous montons le compromis avec une clause suspensive d’obtention du prêt relais — et non une clause de vente de leur bien. Eux sont protégés si la banque ne suit pas. Le vendeur accepte : c’est une condition classique, compréhensible pour tout le monde.

En parallèle, ils mettent leur résidence parisienne en vente. Pour aller vite et sécuriser le montage, ils acceptent de partir 10 000 € en dessous de l’estimation initiale. Ce n’est pas une erreur — c’est un choix délibéré et calculé : le coût de cette légère décote est sans commune mesure avec celui de plusieurs mois de prêt relais ou le risque de rater ce bien.

Résultat : leur bien parisien se vend en trois semaines. Un seul déménagement. Zéro intérêts de relais payés. Et surtout : ils ont obtenu exactement le bien qu’ils voulaient, sans compromis.

— Récit de cas · LA VIE ICI Immobilier · Pays d’Auray
Ce que ce cas enseigne
Le prêt relais n’a pas servi de financement effectif — mais il a joué un rôle décisif comme outil de positionnement. Avoir l’accord bancaire en poche leur a permis de faire une offre ferme, sans condition de vente, dans les mêmes conditions qu’un acheteur libre. C’est ça, la vraie valeur d’une simulation de relais bien préparée.
Décote choisie ou décote subie : ce n’est pas le même geste
Une précision importante, parce que ce récit pourrait être mal lu. Ici, les 10 000 € ont été décidés à froid, chiffrés, avant même la mise en vente, en toute connaissance de cause. C’est un investissement pour aller vite. La situation inverse est beaucoup moins confortable : un bien mis en vente trop cher, quatre mois sans offre, des intérêts qui tournent, un engagement déjà signé sur le futur logement — et une baisse finalement consentie sous pression, souvent plus large que celle qu’on aurait acceptée au départ. Le même geste sur le prix, mais deux logiques opposées. Toute la différence tient à l’anticipation.

Mon verdict terrain

Vendez d’abord si…
Votre budget est serré et vous ne pouvez pas vous permettre d’immobiliser un prêt relais, même temporairement
Votre bien est difficile à vendre rapidement (travaux, DPE dégradé, marché moins actif) — le délai de vente peut dépasser vos prévisions
Vous n’avez pas encore de secteur cible précis — mieux vaut vendre et prendre le temps de chercher sereinement
Vous pouvez gérer confortablement un entre-deux grâce à une location meublée ou un hébergement temporaire
Achetez d’abord (avec prêt relais) si…
Vous avez trouvé un bien exceptionnel sur un marché tendu — attendre, c’est presque certainement le rater
Votre bien actuel est récent, bien classé et correctement estimé — le relais sera court
Vous voulez vendre dans les meilleures conditions, avec votre maison encore habitée et bien présentée
Votre banque vous a déjà donné un accord de principe sur le relais — vous avez une vraie visibilité financière
« Le bon chemin, c’est celui qui mène à votre prochaine maison. Tout le reste, c’est de l’organisation. »

Vos questions fréquentes

Peut-on acheter un nouveau logement avant d’avoir vendu son bien actuel ?
Oui, à condition de disposer d’une épargne suffisante ou d’obtenir un prêt relais auprès de votre banque. La vérification se fait en amont, avec votre conseiller bancaire ou un courtier, puis se sécurise avec votre notaire au moment du montage. L’avantage principal : vous ne déménagez qu’une fois et vous gardez le temps de choisir. Le point de vigilance : savoir jusqu’à quand vous pouvez porter deux biens en même temps sans que la situation devienne inconfortable.
Quels sont les risques d’acheter avant de vendre ?
Le premier est de surestimer son bien ou sa rapidité de vente : le prêt relais étant calculé sur une valeur estimée, une estimation trop haute fragilise tout le montage. Le deuxième est plus discret : une fois engagé sur votre futur logement, vous n’êtes plus tout à fait libre dans la négociation de votre vente, et la pression du calendrier pousse à accepter une offre qu’on aurait refusée en d’autres circonstances. Le troisième est le coût de détention du bien invendu, qui vient s’ajouter aux intérêts du relais.
Est-il plus prudent de vendre avant d’acheter ?
Souvent oui, parce que vous connaissez alors votre budget à l’euro près et que vous achetez sans condition suspensive de vente — l’offre la plus solide aux yeux d’un vendeur. Mais cette sécurité a un prix : l’entre-deux. Location temporaire, garde-meubles, double déménagement. Dans le Morbihan, un loyer de transition en pleine saison peut approcher le montant d’une mensualité de crédit. La vraie question n’est donc pas de savoir quelle stratégie est la meilleure dans l’absolu, mais laquelle coûte le moins cher dans votre situation précise.
Combien de temps dure un prêt relais, et que se passe-t-il si le bien n’est pas vendu ?
Sa durée est de 12 mois, renouvelable une fois, soit 24 mois au maximum. Si le bien n’est toujours pas vendu à l’échéance, la banque peut exiger le remboursement : en pratique, cela conduit à baisser le prix, à négocier un aménagement du prêt, ou à transformer le relais en crédit amortissable. C’est une situation rare quand l’estimation de départ était juste — et c’est précisément pour cela que l’estimation compte autant.
Le prêt relais peut-il se cumuler avec un crédit immobilier classique ?
Oui, et c’est même le montage le plus courant lorsque le bien acheté coûte plus cher que celui vendu. On parle alors de relais adossé : le relais avance une partie de la valeur de votre bien actuel, le crédit amortissable finance la différence. Votre taux d’endettement global doit rester compatible, ce que votre banque vérifie dès la simulation.

La première étape, c’est connaître la vraie valeur de votre bien

Avant de décider quelle stratégie adopter, il y a une question à laquelle tout le reste répond : à combien se vend réellement votre bien, dans quel délai, et dans quelles conditions ? C’est le point de départ de tout projet bien construit. Honoraires à 3 % — mini 6 000 €, maxi 15 000 €. Pays d’Auray · Morbihan.

Betty Papail
LA VIE ICI Immobilier
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Article rédigé par Betty Papail, agent immobilier — LA VIE ICI Immobilier, Pluneret (Morbihan). Les conditions de financement évoluent régulièrement : les montants indiqués sont donnés à titre indicatif et les taux utilisés dans les tableaux ne sont que des hypothèses de lecture. Pour une simulation précise adaptée à votre situation, consultez votre conseiller bancaire, un courtier en crédit immobilier ou votre notaire. Données de marché : notaires du Morbihan, MeilleursAgents, ADIL 56.
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