Confort d’été : le critère qui monte, et ce qu’il change quand on vend dans le Morbihan
Le 24 juin 2026, il a fait 40,7 °C à Auray et 42 °C à Vannes. Des valeurs jamais relevées ici. Depuis, une question revient dans presque toutes mes visites : « et l’été, elle est comment, cette maison ? » Le DPE y répond déjà — dans un petit encadré de la page 2 que presque personne ne regarde. Voici ce qu’il dit, ce qu’il ne dit pas, et les quelques aménagements qui peuvent vraiment faire la différence avant de mettre un bien en vente.
- Juin 2026 : ce que la canicule a changé chez nous
- Le confort d’été dans le DPE : ce que mesure vraiment l’indicateur
- Les 5 critères — dont 2 qui décident de tout
- Le test : quel est le confort d’été de votre maison ?
- Le paradoxe : la maison classée A qui devient une fournaise
- Vendeur : les aménagements qui valent vraiment le coup
- Ce qui arrive : le confort d’été entre dans la loi
- Vos questions les plus fréquentes
Juin 2026 : ce que la canicule a changé chez nous
Pendant longtemps, la question du confort d’été ne se posait pas en Bretagne. On parlait d’isolation, de chauffage, d’humidité — pas de chaleur. Cet été-là a rebattu les cartes.
Entre le 18 et le 28 juin 2026, la région a connu une vague de chaleur sans précédent, avec un plateau de cinq jours au-dessus de 29 °C en température moyenne agrégée, jour et nuit confondus. Le 24 juin, les records absolus sont tombés les uns après les autres dans le Morbihan : 42 °C à Vannes (l’ancien record datait du 18 juillet 2022, à 40,2 °C), 40,7 °C à Auray, 40,4 °C à Sarzeau, 39,8 °C à Lorient.
Et c’est le point que je veux souligner, parce qu’il est souvent mal compris : la Bretagne n’est pas logée à la même enseigne d’un bout à l’autre. La surchauffe a été plus longue et plus intense entre l’est du Morbihan, l’Ille-et-Vilaine et la Loire-Atlantique, tandis que la pointe ouest — Brest, une partie du nord Finistère — restait davantage protégée par la nébulosité et le flux océanique. Autrement dit : nous, entre Lorient, Auray et Vannes, nous sommes dans la partie de la Bretagne qui chauffe.
Depuis cet été, les acquéreurs posent des questions qu’ils ne posaient pas il y a trois ans : quelle est l’orientation des chambres ? Y a-t-il des volets à l’étage ? Est-ce qu’on peut ouvrir sur deux côtés ? Les chambres sont-elles sous les rampants ? Quelle est la température dans la véranda l’après-midi ?
Ce ne sont pas encore des critères qui font monter ou baisser un prix, soyons honnêtes. Mais ce sont des critères qui font rester ou partir un acquéreur — et l’expérience du DPE nous a montré à quelle vitesse un critère de confort peut devenir un critère de valeur.
Pour aller plus loin : le bilan de juin 2026 par Météo Bretagne et le rapport climatologique de l’Observatoire de l’environnement en Bretagne.
Le confort d’été dans le DPE : ce que mesure vraiment l’indicateur
Depuis la réforme de juillet 2021, le DPE ne se limite plus à la consommation de chauffage. Sur la deuxième page du document figure un petit indicateur intitulé « confort d’été », affiché en trois niveaux : insuffisant, moyen ou bon. Il est défini par l’annexe 9 de l’arrêté du 31 mars 2021.
Ce qu’il évalue, c’est la capacité du logement à rester frais tout seul, par ses caractéristiques constructives, sans consommer d’énergie. On parle de confort passif. Trois conséquences très concrètes, et souvent surprenantes :
1. La climatisation n’est jamais comptée. Une maison climatisée peut afficher « insuffisant ». À l’inverse, une maison bien orientée, bien protégée du soleil, obtient un bon résultat sans le moindre équipement. Le ventilateur de plafond fixe, lui, est pris en compte — le ventilateur sur pied, non.
2. L’indicateur ne joue pas sur la lettre. La classe A à G est calculée sur la consommation et les émissions, essentiellement calées sur l’hiver. Un logement peut donc cumuler une excellente étiquette énergie et un confort d’été « insuffisant » sans que sa lettre bouge d’un millimètre.
3. L’indicateur ne tient pas compte de la localisation. La grille est la même à Auray qu’à Perpignan. C’est une évaluation du bâti, pas une mesure de température. À lire comme un signal sur la construction, donc — pas comme une promesse de fraîcheur.
Dernier point, et il a son importance quand on vend : cet indicateur n’a pas à figurer sur les annonces immobilières, contrairement à la classe énergie. Il n’apparaît nulle part sur les portails. C’est précisément pour ça qu’il constitue aujourd’hui un argument disponible pour ceux qui pensent à le mettre en avant — et un angle mort pour tous les autres.
Les 5 critères — dont 2 qui décident de tout
La méthode retient cinq paramètres, tous constructifs. Mais ils ne se valent pas : deux d’entre eux sont excluants. S’il en manque un seul, l’indicateur bascule automatiquement en « insuffisant », quels que soient les trois autres. Les trois restants ne servent qu’à départager « moyen » et « bon ».
Les deux critères excluants
Une tolérance existe pour les toutes petites ouvertures : une fenêtre de moins de 0,7 m² qui représente moins de 10 % de la surface vitrée totale n’est pas comptabilisée. Cette tolérance ne s’applique jamais aux fenêtres de toit : un Velux sans protection extérieure pénalise le score, quelle que soit sa taille.
À noter : quand l’état de l’isolation ne peut pas être établi, la règle de calcul considère par défaut que les toitures des bâtiments construits avant 1975 ne sont pas isolées, et que celles construites à partir de 1975 le sont. Un point qui mérite qu’on fournisse au diagnostiqueur les factures de travaux, quand elles existent.
Les trois critères qui départagent « moyen » et « bon »
S’il manque l’un des deux critères excluants (protections solaires extérieures ou isolation de toiture) → l’indicateur est insuffisant, point final.
Si les deux sont satisfaits → il faut cocher au moins 2 des 3 critères restants (inertie, traversant, brasseur d’air) pour obtenir « bon ». Sinon, ce sera « moyen ».
Le test : quel est le confort d’été de votre maison ?
Cinq questions, la logique officielle appliquée telle quelle. Le résultat vous donne une estimation — le diagnostiqueur, lui, mesure les surfaces vitrées façade par façade.
Le paradoxe : la maison classée A qui devient une fournaise
En juin 2026, une étude menée par Pouget Consultants pour le syndicat IGNES, à partir de la base DPE de l’ADEME — quatorze millions de diagnostics — a mis des chiffres sur une intuition que beaucoup de professionnels avaient déjà : près d’un logement diagnostiqué sur deux est inadapté à la chaleur, et neuf sur dix n’atteignent pas le niveau « bon ».
Mais le chiffre qui m’a le plus marquée est ailleurs. Parmi les logements classés A ou B au DPE — les plus performants du parc — 35 % ressortent en confort d’été « insuffisant », et 90 % n’atteignent pas « bon ». La cause principale est presque toujours la même : l’absence de protections solaires extérieures suffisantes.
L’explication est logique, une fois qu’on l’a en tête. Toute la rénovation énergétique de ces vingt dernières années a été pensée pour l’hiver : isoler, remplacer le chauffage, traiter l’étanchéité à l’air. Or l’isolation par l’intérieur fait perdre l’inertie des murs, et les plans contemporains privilégient les grandes baies sur une façade dégagée plutôt que la double orientation. On gagne en efficacité hivernale, on perd en capacité de rafraîchissement naturel.
La longère ou la maison de bourg en pierre coche souvent l’inertie et les protections solaires : murs épais, volets battants d’origine, ouvertures modestes. Elle est régulièrement mal classée au DPE, et pourtant très supportable en juillet. Son point faible : les combles aménagés sans isolation sérieuse, et parfois l’absence de double orientation dans les maisons mitoyennes.
Le pavillon des années 2000-2010 présente le profil inverse : bonne étiquette, grande baie vitrée plein sud ou plein ouest sur le séjour, volets roulants au rez-de-chaussée mais pas toujours à l’étage, chambres sous rampants, parfois une véranda ou une extension entièrement vitrée. Sur le papier, il est performant. En juillet, il est difficile à vivre.
Le neuf récent est celui qui s’en sort le mieux, parce que la réglementation environnementale impose depuis 2022 un résultat de confort d’été dès la conception. Mais tous les programmes ne se valent pas — cela se vérifie projet par projet.
Cet indicateur est critiqué, y compris par ceux qui l’ont analysé. La même étude relève environ 26 % d’incohérences dans les données de la base, et juge la méthode trop sommaire : elle ne tient compte ni de la localisation, ni de l’ombre portée des arbres, ni de la végétation, ni du niveau réel de déphasage des isolants.
Je le présente donc à mes clients pour ce qu’il est : un signal utile, pas un verdict. Une révision de la méthode est d’ailleurs prévue. Consulter l’étude Pouget Consultants / IGNES.
Vendeur : les aménagements qui valent vraiment le coup
Je ne conseille jamais d’engager des travaux lourds juste avant une vente — c’est rarement rentable, et j’en parle en détail dans mon article sur les travaux réalisés avant de vendre. Le confort d’été fait partie des rares sujets où l’inverse peut être vrai, parce que quelques centaines d’euros bien placées peuvent faire basculer un indicateur d’« insuffisant » à « bon », et surtout parce que ces aménagements se voient et se ressentent en visite.
| Aménagement | Ordre de grandeur | Effet sur l’indicateur | Ce que ça change en visite |
|---|---|---|---|
| Protection extérieure sur fenêtre de toit | 150 à 400 € par fenêtre | Décisif | Souvent le seul point qui bloque toute la note. Et une chambre d’enfant sous les combles qui devient vivable, ça se sent immédiatement. |
| Volets ou persiennes extérieurs sur les baies Sud, Est, Ouest | 400 à 900 € par ouverture | Décisif | Le levier n° 1. C’est le critère le plus souvent défaillant du parc français. |
| Ventilateur de plafond fixe | 150 à 500 € posé | Oui | Le geste le moins cher pour passer de « moyen » à « bon ». Présent dans seulement 5 % des logements. |
| Isolation des combles ou de la toiture | Selon surface et technique | Décisif | Double effet : la lettre du DPE et le confort d’été. Le meilleur rapport quand la toiture n’est pas isolée. |
| Isolation des murs par l’extérieur plutôt que par l’intérieur | Chantier lourd | Oui | À réserver aux projets déjà décidés : l’ITE préserve l’inertie des murs, l’ITI la supprime. |
| Pergola, arbre, ombrage sur la terrasse Sud | Variable | Non compté | Aucun effet sur l’indicateur, mais un effet considérable sur le ressenti — et sur la façon dont on projette sa vie dans la maison. |
Ces montants sont des ordres de grandeur destinés à hiérarchiser les priorités : seuls des devis d’artisans locaux font foi.
Tous les isolants ne se valent pas en été
C’est le point le plus mal connu du sujet, et il mérite qu’on s’y arrête. Pour l’hiver, ce qui compte est la résistance thermique : la capacité de l’isolant à freiner les déperditions. Pour l’été, ce qui compte est autre chose — le déphasage, c’est-à-dire le temps que met la chaleur du toit à traverser l’isolant avant de se faire sentir dans la pièce.
Un isolant léger comme la laine de verre est très performant l’hiver, mais laisse passer la chaleur assez vite : à épaisseur comparable, on est plutôt sur un déphasage de l’ordre de 4 à 6 heures. Le pic de chaleur de 15 h arrive donc dans les chambres en fin de journée, au moment où l’on cherche à dormir. Les isolants denses — fibre de bois, ouate de cellulose, liège, laine de chanvre — atteignent plutôt 10 à 12 heures : la chaleur de l’après-midi arrive en pleine nuit, quand l’air extérieur s’est rafraîchi et qu’on a rouvert les fenêtres. Elle est alors évacuée avant même d’avoir échauffé la pièce.
L’indicateur de confort d’été raisonne en tout ou rien : la toiture est isolée, ou elle ne l’est pas. La nature de l’isolant n’entre pas dans le calcul. Deux maisons peuvent donc afficher exactement le même résultat alors que l’une reste fraîche jusqu’à minuit et l’autre est étouffante dès 18 h.
C’est l’une des limites que les professionnels reprochent à la méthode. Concrètement : si vous refaites l’isolation de combles aménagés, ou si vous aménagez des combles avant de vendre, le choix de l’isolant ne changera rien à votre note — mais il changera beaucoup à ce que ressentiront les visiteurs. Et les épaisseurs nécessaires étant plus importantes, c’est un arbitrage à faire avant le chantier, pas après.
Ce qui ne marche pas — et que je vois régulièrement
Poser des stores ou des rideaux occultants intérieurs. Ils ne sont pas comptabilisés, et physiquement ils arrivent trop tard : la chaleur a déjà traversé le vitrage.
Isoler sans pouvoir ventiler la nuit. L’ADEME est très claire sur ce point : l’isolation n’améliore le confort d’été qu’en présence d’une aération nocturne permettant d’évacuer la chaleur accumulée. Sinon, on obtient un effet bouteille thermos — on enferme la chaleur au lieu de la tenir dehors.
Compter sur un ventilateur sur pied. Aussi efficace soit-il au quotidien, il n’est pas pris en compte : seul le brasseur d’air fixé au plafond l’est.
Et la climatisation, alors ?
C’est la question qui revient à chaque fois, et elle mérite une réponse nuancée, parce qu’il y a ici deux sujets différents qu’on a tendance à confondre.
Du point de vue du DPE : la climatisation n’entre pas dans le calcul de l’indicateur, et ce n’est pas un oubli. L’indicateur évalue uniquement le confort passif — ce que la construction apporte d’elle-même, par ses murs, sa toiture, ses ouvertures et son orientation, sans consommer d’énergie. Un équipement qui fonctionne à l’électricité, aussi efficace soit-il, sort par définition de ce périmètre. Installer une climatisation ne fera donc pas bouger votre indicateur d’un cran.
Du point de vue de l’acquéreur : c’est une autre histoire. Une maison équipée d’une climatisation — a fortiori d’une pompe à chaleur réversible, qui chauffe l’hiver et rafraîchit l’été — répond à une préoccupation bien réelle, et cela se ressent en visite. C’est un vrai plus, et je le présente comme tel. Simplement, ce n’est pas ce plus-là qui améliorera la ligne « confort d’été » de votre DPE.
Ma position, en résumé : les deux ne s’opposent pas, ils se complètent. Des volets extérieurs et une toiture bien isolée réduisent considérablement les besoins de rafraîchissement — et donc la facture d’électricité, ce qui est aussi un argument. La climatisation prend le relais sur les quelques journées où le bâti ne suffit plus. C’est dans cet ordre que je conseille de raisonner.
Le point que beaucoup oublient : l’autorisation d’urbanisme
Poser des volets, un brise-soleil ou un store extérieur modifie l’aspect extérieur du bâtiment. Cela relève en principe d’une déclaration préalable de travaux en mairie — une formalité simple, mais une formalité tout de même, et c’est exactement le type d’oubli qui vient compliquer un compromis des mois plus tard.
Sur notre territoire, plusieurs zones sont soumises à l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France : le quartier Saint-Goustan à Auray, les abords des alignements à Carnac, le secteur de la basilique à Sainte-Anne-d’Auray, les périmètres des mégalithes à Locmariaquer, entre autres. Le choix du modèle, de la teinte et du matériau peut y être encadré.
À noter : le projet de loi voté au Sénat en juillet 2026 prévoit précisément d’assouplir ce point, en transformant l’avis conforme de l’ABF en avis simple pour la pose de protections solaires extérieures. Le texte n’est pas définitif — mais la direction est claire.
Dans tous les cas, un passage en mairie avant de commander évite bien des complications. Voir aussi mon article sur les travaux non déclarés et leur régularisation.
Oui, mais avec une limite importante. Les protections solaires fixes (volets, brise-soleil) et les brasseurs d’air fixes de plafond figurent bien parmi les travaux éligibles à MaPrimeRénov’. En revanche, ils ne sont finançables que dans le cadre du parcours « rénovation d’ampleur » — un bouquet de travaux avec gain de classes énergétiques et accompagnement obligatoire — et jamais en geste isolé.
Autrement dit : si vous engagez de toute façon une rénovation globale, intégrez-les au projet. Si vous posez simplement deux volets avant de vendre, ce sera à votre charge. Les règles évoluent régulièrement : la marche à suivre est de vérifier auprès d’un conseiller France Rénov’ avant de signer le moindre devis. Référence utile : le guide des aides de l’Anah.
Ce qui arrive : le confort d’été entre dans la loi
Le sujet n’en est plus au stade de la sensibilisation. Le 8 juillet 2026, le Sénat a adopté en première lecture le projet de loi « relance et décentralisation du logement », dans lequel le confort d’été entre dans la définition de la rénovation énergétique performante, ainsi que dans les plans pluriannuels de travaux obligatoires en copropriété. Le texte prévoit également d’assouplir les contraintes architecturales pesant sur la pose de protections solaires extérieures.
Le texte doit encore être examiné par l’Assemblée nationale — rien n’est définitif à ce stade. Mais la trajectoire est celle que nous avons déjà vue avec le DPE : une information d’abord accessoire, qui devient une norme, puis un critère de valeur. Suivre le parcours du texte sur le site du Sénat.
Nous n’en sommes pas encore au moment où un confort d’été « insuffisant » fera baisser un prix sur le secteur d’Auray. Nous en sommes au moment où un confort d’été « bon » est un argument que personne n’utilise — et c’est précisément ce qui le rend intéressant.
Quand un bien coche les bonnes cases — murs épais, double orientation, volets partout, arbres au sud, cave fraîche — je le dis dans l’annonce, je le montre dans la vidéo, et j’en parle en visite. Aucun portail ne le fera automatiquement à votre place : ces atouts-là n’ont pas de case dédiée dans les formulaires d’annonce. Ils se racontent.
Et si vous vous demandez plus largement quels documents préparer avant de mettre votre bien en vente, tout est détaillé dans mon guide sur les diagnostics immobiliers obligatoires, et les évolutions du calcul de la classe énergie dans mon article sur la réforme du DPE 2026.
Vos questions les plus fréquentes
C’est une situation très répandue, et un peu ironique : l’exposition sud-ouest a longtemps été l’argument de vente des programmes neufs, celui qui justifiait la terrasse et le supplément de prix. Elle est aujourd’hui le premier motif d’inconfort en juillet.
Un point technique méconnu vous concerne directement : pour un appartement situé à un étage intermédiaire, le critère d’isolation de la toiture ne s’applique pas, faute de plancher haut donnant sur l’extérieur. Votre note se joue donc uniquement sur les protections solaires, l’inertie, le caractère traversant et le brasseur d’air. En revanche, un appartement au dernier étage est concerné par la toiture exactement comme une maison — et c’est souvent là que tout se décide.
Le caractère traversant, lui, est perdu d’avance si toutes vos ouvertures donnent sur la même façade. On ne le récupère pas sans percer un mur, ce qui n’est pas envisageable en copropriété.
Restent deux leviers, très inégaux. Poser un store extérieur, un volet ou un brise-soleil modifie l’aspect extérieur de l’immeuble : cela relève d’une autorisation de l’assemblée générale, même entièrement à vos frais. C’est un point à porter à l’ordre du jour, pas une décision individuelle — et cela prend le temps que prend une AG. À l’inverse, le ventilateur de plafond fixe est à l’intérieur de votre lot : il ne dépend de personne, il coûte quelques centaines d’euros, et il compte dans la méthode de calcul. C’est le geste le plus immédiatement rentable pour un copropriétaire.
À noter enfin que le projet de loi voté au Sénat en juillet 2026 va dans votre sens, en facilitant les votes en assemblée générale sur les travaux qui touchent à l’aspect extérieur de l’immeuble pour des raisons de confort d’été.
Rien ne vous y oblige : votre DPE reste valable dix ans. Mais il faut avoir en tête que l’indicateur ne se met pas à jour tout seul. Tant qu’un nouveau diagnostic n’a pas été établi, votre DPE continue d’afficher l’ancien résultat, travaux ou pas — et c’est ce document-là que verront vos acquéreurs.
D’où une règle simple, que je répète souvent parce que je vois régulièrement l’inverse : les travaux d’abord, le diagnostic ensuite. Faire venir le diagnostiqueur puis poser les volets dans la foulée, c’est payer deux fois ou vendre avec une note qui ne reflète plus la réalité.
Quand est-ce que ça vaut le coup ? Dès que les travaux font basculer un critère excluant. Si vous équipez les dernières ouvertures Sud, Est ou Ouest qui n’avaient pas de protection, ou si vous isolez une toiture qui ne l’était pas, vous pouvez passer d’« insuffisant » à « bon » d’un seul coup. Et si les travaux touchent l’isolation, c’est la lettre elle-même qui peut bouger — auquel cas le coût du nouveau diagnostic est très vite absorbé. D’autant que le mode de calcul a évolué au 1er janvier 2026, ce que je détaille dans mon article sur la réforme du DPE.
Aujourd’hui, non. Les interdictions de mise en location reposent exclusivement sur la classe énergie : les logements classés G sont concernés depuis le 1er janvier 2025, les F le seront en 2028. Le confort d’été ne fait pas partie des critères de décence, et un logement classé « insuffisant » sur ce point reste parfaitement louable.
Cela étant, le sujet vient d’entrer dans le débat législatif, ce qui n’était pas le cas il y a un an : le confort d’été a fait son apparition dans la définition de la rénovation énergétique performante et dans les plans pluriannuels de travaux des copropriétés. Le texte n’est pas définitivement adopté, et personne ne peut vous dire aujourd’hui où cela s’arrêtera.
Ma lecture, si vous êtes propriétaire bailleur : pas d’urgence réglementaire à court terme, mais si vous hésitez entre conserver et vendre un bien difficile à vivre l’été, c’est un paramètre de plus à mettre dans la balance — au même titre que l’étiquette énergie il y a cinq ans. Un sujet que j’aborde aussi dans mon guide sur la vente d’un bien occupé.
Article rédigé par Betty Papail · LA VIE ICI Immobilier. Les informations réglementaires citées sont à jour à la date de publication ; le projet de loi mentionné n’est pas définitivement adopté. Sources : arrêté du 31 mars 2021 (annexe 9), étude Pouget Consultants pour IGNES à partir de la base DPE de l’ADEME, Météo Bretagne, Observatoire de l’environnement en Bretagne, Anah, Sénat.
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